Le “knowledge management” : un enjeu crucial au sein des entreprises
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Le “knowledge management” : un enjeu crucial au sein des entreprises

Le savoir est un élément essentiel dans l’entreprise. En effet, aujourd’hui ce sont les connaissances spécifiques détenues au sein de chaque entreprise qui leur confèrent le plus souvent un avantage concurrentiel sur le marché.

Qu’est-ce que le savoir en entreprise ?

Vaste sujet que de définir le « Savoir » avec un grand S, mais il est possible d’en dessiner les contours. Ainsi, selon le Larousse, le savoir en entreprise se définit comme : « Avoir une connaissance étendue d’une matière qui peut s’enseigner, se transmettre ». Le savoir n’est donc pas tangible, il doit se transmettre pour continuer d’exister. Pour le désigner, on parle aussi de « richesse immatérielle ».

Il est possible de distinguer deux types de savoirs. D’abord, on parle du savoir « technique », c’est à dire les compétences acquises par l’étude et la compréhension de méthodes. Ensuite, on parle de savoir « historique », qui sont des connaissances propres à l’entreprise comme la culture, les réseaux d’influence et les règles tacites. Mais il peut aussi concerner des savoirs liés à l’expérience d’une personne acquis via l’expérimentation et la gestion de situations particulières.

La transmission des savoirs en entreprise est un sujet important s’inscrivant dans le « knowledge management » ou « management des connaissances ». Cette démarche managériale n’a rien de nouveau, puisqu’elle est apparue dans les

années 90. Pourtant, aujourd’hui et malgré une importante émulation autour de ce sujet, encore beaucoup d’entreprises n’ont pas mis en place un tel dispositif de façon efficace et pérenne.

Les bénéfices apportés par une politique valorisant la capitalisation des savoirs.

Pour l’entreprise

Les avantages de la mise en place d’un système de management des connaissances en entreprise sont nombreux. Le cabinet international Deloitte, qui connaît un turn-over élevé lié à son activité d’audit financier, en cite sept :

  • Améliorer les décisions d’entreprise grâce à un accès facilité à l’expertise et à des pratiques de pointe

  • Renforcer l’efficacité, la productivité et la qualité du travail en réduisant les cas de « réinvention de la roue »

  • Favoriser l’innovation grâce à une collaboration plus large et sans barrières

  • Réduire la perte de savoir-faire en capturant des connaissances explicites et tacites

  • Accélérer la productivité avec des formations internes et un accès rapide aux connaissances

  • Augmenter la satisfaction des clients en fournissant des informations de valeur

  • Améliorer la qualité et la capacité de collaborer en normalisant les méthodes de travail et en permettant des discussions avec des experts de premier plan.

Néanmoins, encore faut-il qu’un réel système de transmission des connaissances ait été mis en place. Le maintien du savoir acquis au cours du temps est un challenge de taille pour l’entreprise. En effet, il est rendu difficile par le turn-over des compétences, lié aux départs des salariés.

Pour les collaborateurs

Un collaborateur, en échangeant et travaillant avec ses collègues, accumule une certaine quantité de connaissance et d’expériences. Outre les compétencestechniques acquises, il va de mieux en mieux appréhender son environnement de travail, la culture de l’entreprise et son écosystème. Ces savoirs historiques seront perdus lorsqu’il quittera l’entreprise, s’ils ne sont pas transmis aux nouveaux arrivants.

En partageant ses connaissances avec de nouveaux collaborateurs, le travailleur pourra valoriser ses savoirs et son expérience en les faisant vivre, même après son départ, au travers des personnes qu’il aura formées. Mais il gagnera aussi en pédagogie et, avec le regard neuf de l’apprenant, pourra remettre en question certaines pratiques afin d’améliorer les process.

Politique de valorisation et de transmission du savoir :  capitaliser l’expérience et les compétences

La mise en place d’un plan de capitalisation des compétences peut être nécessaire pour faciliter la transmission des savoirs en entreprise et donc améliorer la productivité. Pour cela, la mise en place de méthodes de production, de fiches métiers répertoriant les compétences d’un poste de travail, d’un intranet, de procédures et check-lists, sont des moyens efficaces de conserver les informations.

Afin de favoriser le partage de connaissances et d’expériences entre les collaborateurs, le déploiement d’actions de mentorat et d’un réseau social d’entreprise peuvent compléter les rencontres et les outils de messagerie classiques.

En effet, 58% des sociétés françaises disposent d’un réseau social d’entreprise. Selon une étude de professeurs de l’Institut international de management (IMD) de Lausanne, 71% des chefs d’entreprise ayant bénéficié de mentorat sont « certains que ce programme a permis une amélioration des résultats de l’entreprise ».

Par ailleurs, le management des connaissances et l’innovation sont étroitement liés. C’est par la maîtrise des savoirs et l’expérience issue des échecs et réussites de l’entreprise que les collaborateurs seront en mesure de proposer des solutions innovantes.

De nombreuses théories du knowledge management ont été développées. Parmi elles, la méthode MASK ou Méthode d’Analyse et de Structuration des (K)Connaissances. Elle est utilisée afin de structurer et d’implanter un modèle conceptuel de management des connaissances, notamment via un nouveau système de gestion de l’information. Cette méthode est particulièrement bénéfique pour les entreprises qui souffrent de difficultés dans la gestion des connaissances. Elle offre plusieurs modèles pour décrire les plans à mettre en œuvre et les connaissances à utiliser.

La méthode se décline en quatre étapes :

  • Déterminer les savoir-faire et leur capitalisation grâce à une analyse stratégique

  • Créer un référentiel de connaissances

  • Mettre en place des outils et méthodes de créativité et de stimulation de l’innovation.

  • Organiser le partage des connaissances au sein de l’organisation avec l’aide d’outils collaboratifs

Bien entendu, il existe une multitude d’autres systèmes permettant de capitaliser le savoir en entreprise. Afin de toujours rester productif, de ne pas perdre un avantage concurrentiel et de transmettre correctement les savoirs au sein d’une entité, le management des connaissances de l’ensemble des collaborateurs doit être pris au sérieux et faire l’objet d’une politique managériale, insufflée par la Direction de l’entreprise et partagée par l’ensemble des collaborateurs.

Références

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Gadot, M. (2016, septembre 23). Les bienfaits du mentorat dans l’entreprise. Récupéré sur huffingtonpost: https://www.huffingtonpost.fr/marion-gadot/coahing-entreprise-bienfaits-mentorat_b_12150002.html

Gervit, V. (2016, novembre). [CHIFFRE DE LA SEMAINE #3] EN FRANCE 58% DES GRANDES ENTREPRISES POSSÈDENT UN RÉSEAU SOCIAL D’ENTREPRISE. Récupéré sur Cell’ie: https://www.cellie.fr/2016/11/04/chiffre-de-la-semaine-3-en-france-58-des-grandes-entreprises-possedent-un-reseau-social-dentreprise/

Louis-Sidney, L. (2014, juillet 8). Modèles et outils de capitalisation des connaissances en conception : contribution au management et à l’ingénierie des connaissances chez Renault – DCT. Récupéré sur Hal Archives ouvertes: https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00659298/document

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Wikipédia. (2018, janvier 29). MASK méthode d’ingénierie des connaissances. Récupéré sur Wikipédia: https://fr.wikipedia.org/wiki/MASK_m%C3%A9thode_d%27ing%C3%A9nierie_des_connaissances

Mathilde Colas

Actually in Toronto to study english during one year at Kaplan International School. https://colasmathilde.wixsite.com/mysite

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